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Acid Washed General
Motors, Detroit, America - Snake EP (Record Makers) Sortie le 23 novembre
2009
Il y a eu AIR et Daft Punk. Le nouveau duo qui pourrait bien être la nouvelle
fierté de la scène electro française s'appelle Acid Washed. Acid Washed n'est pas
seulement le nom des jeans horribles et délavés qui étaient pourtant à la mode
dans les années 90, mais aussi un duo parisien aussi mystérieux que les deux
robots casqués. La nouvelle signature du label Record Makers préfère mettre en
avant leurs relations amicales que de parler d'eux-mêmes. Cet altruisme leur va
très bien et lorsque l'on voit les noms des remixeurs des deux premiers
morceaux, on ne peut que rester baba (Gavin Russom de DFA, Turzi de Record
Makers et Arnaud Rebotini alias Blackstrobe). General Motors, Detroit,
America étale les influences que le duo insuffle dans leur musique. En
effet, Detroit est connu pour être une des capitales de la scène electro
mondiale. Mélange d'electronica atmosphérique et de nappes de claviers
analogiques, la musique d'Acid Washed est en quelque sorte la rencontre entre
Steve Reich, AIR, Daft Punk et Giorgio Moroder. Snake, quant à lui,
laisse place au chant de la nouvelle tentation berlinoise qu'est Barbara
Panther. Belle entrée en matière pour un album annoncé pour le mois de mars
2010.
Myspace
Kumisolo My Love For You Is A Cheap Pop Song ( Clapping Music / Abeille Musique) Sortie Octobre 2009
Kumisolo n’est autre que le projet solo de la ravissante Kumi Okamoto, membre du trio electro pop The Konki Duet. Pour son premier album solo, Kumi nous déclare sa flamme à travers 14 vignettes colorées. Sorte de bubble-gum electro pop acidulé, My Love For You Is A Cheap Pop Song, virevolte à travers les styles, allant de la pop 60’s à la j-pop et la new-wave via l’electro. Elle va même jusqu’à reprendre le titre majeur I Know What Boys Like du groupe new wave américain The Waitresses. Comme un bon champagne, les morceaux de Kumisolo sont pétillants de fraîcheur. Les beats bullent dans vos oreilles et entrainent l’ivresse incontrôlée d’une dernière gorgée. Elle chante en français, anglais et dans sa langue natale, le japonais; ce qui donne un côté exotique à sa musique. Pour réussir ce tourbillon multicolore, notre Lio des années 2000 s’est entourée de Jona Bechtolt (Yacht) et de ses producteurs Domotic et O.Lamm… My Love For You Is A Cheap Pop Song est tout à fait le genre d’album qui vous met de bonne humeur pour toute la journée. Ce disque devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.
Phosphorescent To Willie (Dead Oceans / Differ-Ant) Sortie 2009
Tout est dans le titre de l’album. To Willie From Phossy est un vibrant hommage rendu à l’un des plus grands chanteurs de country Willy Nelson. Un exercice dans lequel on aurait plus facilement vu une personne comme Bonnie Prince Billy. Mais voilà, c’est Matthew Houck alias Phosphorescent qui s'y colle et, même si on n’est pas foncièrement fan de la country musique, il faut dire que le résultat n’est pas si mauvais. Ici on est loin du cliché santiags et chapeau de cowboy; mais on est plus près des converses trouées et de la chemise carreaux surmontée d’une barbe florissante. Les morceaux choisis par Matthew Houck ne sont pas les plus connus de Willie Nelson mais ils renvoient toujours à l’imaginaire des grands espaces. Comme un copié collé, Phosphorescent s’amuse avec les chansons du country man et la similitude des morceaux va jusqu’à la pochette qui ressemble à celle de To Lefty from Willy, album que Willie Nelson enregistre en 1977 en hommage à Lefty Frizzell. Cet album est à mettre dans votre discothèque entre Bonnie Prince Billy et Alena Diane mais pas à coté des deux premiers albums de Phosphorescent (A Hundred Times Or More et Pride) que l’on préférera à celui-ci.
Atlas Sound Logos (4AD / Beggars Banquet) Sortie Octobre 2009
Pourquoi faire une énième chronique sur un album qui a déjà eu les faveurs de toute la blogosphère et des magazines spécialisés ? Tout a été dit sur cet album qui va probablement être dans les cinq meilleurs albums de l’année. Mais voilà, quand un artiste accouche d’un album qui sera sans nul doute le mètre étalon de la musique indé actuelle pour les années à venir, on ne peut que lui rendre un hommage. Disque solaire à la maturité parfaite, Logos deviendra un classique. Bradford Cox est un artiste prolifique qui écrit des mini symphonies au prisme sonore luxuriant. On ressent la mélancolie et les cassures de la vie du leader de Deerhunter. On ressort enivré de mélodies subtiles et des boucles d’effets mystérieuses. Il ne nous reste plus qu’a nous laisser aller à un abandon léthargique. Logos est une œuvre exigeante et sans faille située quelque part entre un néo folk fantasmagorique et un psychédélisme lunaire. Comme Animal Collective ou Grizzly Bear, Bradford Cox marque son temps avec l’empreinte de son génie.
Profondo Rosso Jours de Lumière (Homecooking) Sortie 2009
L’évocation de Profondo Rosso fera frissonner plus d’un cinéphile. Titre d’un film du maître incontesté du thriller italien Dario Argento paru en 1975, c’est aussi le nom du duo composé de Romain Guillou et de Johan Le Velly. Né après le split de Callahan’s Bullit (autre référence cinématographique), le duo rennais a, depuis 2006, sorti deux albums (Homecooking with Friends en 2006 et Rue Bara en 2008). Leur troisième effort, et de loin le plus excitant, s’intitule Jours de Lumière. Album atypique car c’est la bande son du roman noir du même nom de Sébastien Doubinsky, illustré par EM. Habitué à la mise en son de documentaires (Les Machines de L’île de Benjamin Treussard et Nicolas Simon), Profondo Rosso est à l’aise dans ce nouvel exercice. Leur musique aux ambiances cinématographiques se dirige aujourd’hui, grâce à cette collaboration, vers une approche littéraire. L’accent morriconiesque de leur musique instrumentale et éthérée est en parfaite symbiose avec le road-movie du héros Billy Sherman qui lutte aussi bien contre une tempête psychologique que naturelle. Tour à tour calmes et tendus, les morceaux peuvent aussi bien s’écouter lors de la lecture du roman ou exister par eux-mêmes tant ils poussent à l’onirique. Ces deux types de lecture sont la force de cet album. Maintenant, à vous de voir comment vous voulez aborder ce songwriting léché.
Mirah (A)spera (K-Records / Differ-Ant) Sortie 2009
Voici plus de 10 ans que Mirah, Mirah Yom Tov Zeitlyn de son vrai nom, pousse la chansonnette, et pourtant, sa musique reste trop injustement sous estimée. Basée à Portland, elle sort son quatrième album solo, (A)spera sur le label K-Records. Membre originel du groupe The Drivers, Mirah a fait du chemin depuis son premier album solo Storageland sorti sur Yoyo Recordings en 1997 et ses multiples collaborations. Aujourd’hui, ses morceaux sont de véritables mini symphonies. A la croisée des genres musicaux, Mirah n’hésite pas à voguer vers des styles de musiques éloignés de son folk d’origine même si, globalement, le style de l’album reste dans la mouvance pop folk. On retrouve la musique Yiddish, un soupçon de musique africaine grâce à la kora (Shells), mais aussi une pointe de jazz (Gone are the days). Le morceau qui clôture cette épopée sonore, While We Have The Sun, est une nouvelle version d’un titre initialement enregistré en collaboration avec Ginger Brooks Takahashi sur l’album Song From The Black Mountain Music Project. Pour ce nouvel opus, Mirah s’est entourée d’un fidèle compagnon en la personne du producteur et musicien Phil Elverum (membre de The Microphones, guitare, piano) qui a déjà notamment participé sur les albums The Old Days Feeling et Advisory Committee. Tara Jane O’Neil, en amie et nouvelle recrue du label, joue aussi de la basse sur (A)spera. Les présentations étant faites, il ne reste plus qu’à espérer que cette nouvelle amitié offre à Mirah une reconnaissance plus méritée.
Vitalic Flashmob (Different Recordings / PIAS) Sortie Septembre 2009
« Aïe » pourrait-on dire de l’album de Vitalic tant la sensation de recevoir une gifle est perçue à l’écoute de Flashmob, dernier album en date de Vitalic. Personne ne sortira indemne de ces treize nouvelles vignettes electro. Impossible de ne pas sentir la moiteur des dancefloors monter en vous. A coup sûr, une goutte de sueur perlera sur votre front, car Flashmob est sans conteste l’album le plus électrisant de l’année. Il n’est pas étonnant, que lors des dernières Eurockénnes de Belfort, une mini émeute a éclaté dans le camping, suite à l’interruption volontaire du set par les organisateurs du festival. Entre le chant façon Donna Summer période Giorgio Moroder (Poison Lips) et les beat acidulés (Flashmob), le dijonnais enflamme vos pulsions les plus refoulées. Pascal Arbez n’a plus rien à envier à ses compères outre-quiévrain : Soulwax. On le remerciera tout de même pour ses échappées kraftwerkiennes (Allan Dellon) et ses envolées lunaires (Station Mir 2099, Still) qui nous reposent de ce disco digital hédoniste et nous permettent de finir notre soirée chez Septime.
Tara Jane O’Neil A Ways Away (K-Records / Differ-Ant) Sortie Mars 2009
Entrer dans l’univers de Tara Jane O’Neil, c’est entrer dans un univers d’artiste polymorphe. En complément de la musique, TJO peint et dessine. Ses travaux ont été exposés à Barcelone, Tokyo, New-York. Elle a aussi collaboré à de nombreux projets musicaux comme Papa M, Jackie-O Motherfucker ou encore Mirah. Mais là où elle s’exprime le plus délicatement c’est dans ses albums solos. A Ways Away est son sixième album et le premier sur K Records, le label de Calvin Johnson. Dès le premier morceau (Dig in) on reconnaît tout le charme de TJO : un folk onirique bercé par un chant doux et vaporeux sorti de nulle part. Les paroles sont chantées comme des poèmes. Une ambiance shamanique règne sur A Ways Away. Son jeu de guitare mêle à la fois basse et arpèges aigues. Multi-instrumentiste, TJO s’accompagne de boucles préenregistrées. Il est impossible de donner des références musicales tant elle produit un univers presque cinématographique. Un univers qu’elle a l’habitude de côtoyer puisqu’ il lui arrive de faire des shows improvisés devant un film ou une pièce de théâtre. Le songwriting délicat d’A Ways Away permet une nouvelle fois à TJO de repousser les frontières d’un folk mélancolique et expérimental.
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We Only Said S/T (Range Ta Chambre / Anticraft) Sortie Novembre 2009
Lorsqu’il ne joue pas au sein de Trunks auprès de Laetitia Shériff, ou avec Pink Iced Club (Ensemble de 8 guitares créé par Olivier Mellano,) le stakhanoviste Florian Marzano joue ses plus belles compositions dans son projet We Only Said. Celui qui, au départ, s’appelait I Only Said s’est vite entouré de ce qui se fait de mieux en tant que musiciens : Cédric Moutier, Mathieu Languille (Montgomery), Pierre Marolleau (Fordamage), Mathias Prime (Saitam, See Saw Motion) pour ne citer qu’eux. Depuis deux ans, ils jouent un post-rock mélancolique ouvert à tous les horizons et habité par l’univers de groupes comme Bed, Pinback, Midlake et June of 44. Masterisé à Chicago par Bob Weston (Shellac) en personne, les compositions de l’album bénéficient d’une grande finesse dans l’écriture. Le rock atmosphérique du rennais nous plonge rapidement dans une quiétude contemplative. Sans être élitiste, la musique de We Only Said est intelligente. A l’instar d’Olivier Mellano et Benoît Burello, Florian Marzano fait désormais parti des grands musiciens compositeurs dont la scène française a le secret.
KASMs Spayed (Desire Records) Sortie 2009
Derrière cette pochette au goût kitch prononcé se cache la dernière sauvagerie rock de l’année. Elle renferme la musique rageuse du groupe londonien KASMs mené par la déjà charismatique Rachel Mary Callaghan. Une sorte de Nina Hagen, encore plus déjantée, qui ferait passer Beth Ditto pour une bonne sœur. Enregistré seulement en trois jours, Spayed est un condensé de punk gothic qu’ils qualifient eux-même de "shriekbeat". Dans une approche DIY, KASMs a essayé de retranscrire dans leur album le chaos et l’intensité de leur live. Cette énergie punk est capable de réveiller les oreilles les plus endormies. Là où les Yeah Yeah Yeahs et The Gossip se sont perdus dans un mainstream commercial, KASMs et Rory Bratwell (ex-Test Icicles), ont réussi à ne pas trahir un idéal punk rock en composant des morceaux trashy à souhait. Entre le boogie punk de Male Bounding, les guitares acérées de Taxidermy et le pogotant Bone You, difficile de ne pas résister à cette musique qui en a sous le pantalon. Ne perdez pas de temps pour vous procurer leur album, car si l’on en croit leur page myspace; ils sont déjà en train d’écrire et d’enregistrer leur second album.
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