Anabel's Poppy Day Far From Home (Coco Record / Peel Prod) Sortie 2009
Anabel est une femme née dans les années 80 et, par conséquent, elle à vécu son adolescence dans les années 90. Cela s’entend dans sa musique. Anabel’s Poppy Day c’est un peu comme ci on avait donné aux sœurs Deal des claviers un peu cheapos pour s’amuser en récréation. De la dernière décennie du XXème siècle, elle retient aussi l’esprit lo-fi qui, durant ces années a connu son heure de gloire. Pas moins de 38 morceaux composent l’album qui sont autant de comptines pop naïves et torturées. De quoi rivaliser avec les albums de Sentridoh. La musique va de la pop song classique (Bed can be boat) à la pop bricolée (Call me Chewie). Pas besoin de longs morceaux pour raconter toute une vie. Tout est dit en un peu près deux minutes. L’énergie est là et c’est le principal. Pas étonnant qu’Anabel’s Poppy Day ai attiré l’attention de Deerhoof et fait leur première partie en Angleterre. Leur univers pop décalé est proche. Anabel’s Poppy Day a déjà tout d’une grande. Serait-on en face de la Next Big Thing ?.
Alors
qu’ils ont mis le feu au plateau du Grand Journal, The Dead Weather annonce la
sortie d’un EP composé de cinq nouveaux titres live et de quatre vidéos. Il
s’intitulera Live From Third Man West.
Tracklisting
01 Forever My Queen (Pentagram cover) (audio)
02 Hang You From the Heavens
03 I Cut Like a Buffalo
04 So Far From Your Weapon
05 Treat Me Like Your Mother
06 Hang You From the Heavens (live video)
07 I Cut Like a Buffalo (live video)
08 So Far From Your Weapon (live video)
09 Treat Me Like Your Mother (live video)
Fairguson Tales From The 47 Willows (Coco Record) Sortie Novembre 2009
Voici un groupe qui aurait pu naître à la fin des années 60 et finir comme beaucoup d’autres oubliés dans le panthéon du rock. Mais, c’est bien aujourd’hui que Fairguson joue son folk rock et on ne peut que s’en réjouir. On sent dans la musique de Fairguson, souffler le vent psychédélique de la West Coast, la douceur atmosphérique et la mélancolie de l’été indien. Il y a comme ça des albums qui vous emmènent vers de vastes contrées imaginaires. Tales From The 47 Willows renvoie aux grands espaces de l’americana voyageant entre les Byrds, Grams Parsons et, plus proche de nous, Grandaddy. Autrement dit, une écriture pop bien ciselée hésitant entre le vintage et la modernité. Parfois intimiste et d’une sobre élégance (Leaving the Captain, 47 Willows), Fairguson sait se montrer plus rageur avec Wide Open Spaces qui est, sans conteste, la pépite de l’album. Fairguson possède un univers musical singulier et généreux. Une bulle d’oxygène intemporelle pour finir l’année en beauté.
Action Dead Mouse Revenge of Doormats and Coasters (Greed Recordings / Anticrafts) Sortie Septembre 2009.
Est-ce que le math rock ne serait-il plus ce courant musical méconnu et sous estimé ? Après les frenchy de La Terre Tremble !!!, c’est au tour des italiens d’Action Dead Mouse de donner à ce style ses lettres de noblesse.
Après Pets and Nerds attack Planet Earth (Greed Recordings) sorti en 2007, voici que les Bolonais sortent un nouvel album au nom tout aussi curieux Revenge of Doormats and Coasters. Fidèles à leur son, Action Dead Mouse continue dans leur lancée vers une musique complexe aux sonorités captivantes. Chaque structure de morceau révèle de multiples facettes pleines de surprises. On se demande ce qu’il va se passer à chaque fin de structure. Les boucles de guitares sont hypnotiques. On passe du riff de guitare abrasif et rythmé à une mélodie de grande classe grâce au phrasé de la viole. Les arrangements sont précis et raffinés. Pas besoin de refrain et le chant n’est que secondaire. Ce qui en rajoute sur le fait que leurs morceaux ne sont pas calibrés pour la radio. Action Dead Mouse pousse l’expérimentation sonore à son paroxysme à tel point qu’ils ont incluent des instruments à vent à leurs dernières compositions. Action Dead Mouse est comme un vent chaud qui vient du sud pour réveiller nos oreilles entrées en hibernation hivernale.
Site / Myspace
Ray Bartok No Panic (Autoproduction) Sortie Septembre 2009
Comme son nom ne l’indique pas, Ray Bartok est un duo formé par deux musiciens, JS Brosse (sampler, voix) et Phil Sirop (Morning Star, Sylvain Vanot…) à la batterie. Les parisiens tirent leur nom de la contraction de RAYmond Queneau et Bela BARTOK. Déjà partenaires dans différents projets, ils décident de créer ce duo en 2006 et ce n’est qu’en 2009 qu’ils sortent leur premier EP.
Ray Bartok est, en quelques sortes, un tube digestif qui assimile toutes les musiques qu’on lui aurait données. Une machine qui rassemble des samples en tous genres, des voix, des beat… pour donner une electro foutraque et déjantée. Comme Queneau avec les mots et Bartok avec les notes, Ray Bartok joue avec les sons. Véritable fantaisiste sonore, le duo aime expérimenter les sons qu’il trouve dans des atmosphères punk et new wave de la fin des années 70. ILe groupe va même jusqu’à rendre hommage au compositeur russe Dimitri Chostakovitch et aux orchestres de l’armée rouge dans le titre “Dmitri”. Ce mélange des genres et d’influences permet à la musique de Ray Bartok d’avoir un côté dansant et accrocheur dés les premières secondes de l’ EP tout en gardant un coté arty que l’on retrouve dans la pochette signée du graphiste Frédéric Tacer.
Maintenant que Ray Bartok n’a plus de secret pour vous, êtes-vous Ready ?
Myspace
Beluga’s Hearing Imaginary Landscapes EP (Autoproduction)
Pas la peine d’avoir de grands arrangements et des instruments à n’en plus finir pour écrire de belles chansons. Une guitare folk bien caressée, des harmonies vocales bien dosées et des cordes bien glissées suffisent pour écrire des chansons subtiles et touchantes. Beluga’s Hearing est de ceux qui ont une certaine facilité à composer des mélodies émouvantes avec peu de choses. Il y a quelque chose de Nick Drake et de Sebastien Schuller dans le premier EP du niçois. De la mélancolie surtout. Dans “Beyond”, le violon pleure sa tristesse comme un chant de sirène, alors que, le tintement du xylophone dans "The Story Of The Heartless Mind” résonne et adoucit cette nostalgie latente. On se laisse vite transporter par des émotions délicates. Laissez-vous emporter vers les paysages imaginaires que sont les quatre titres de ce premier essai réussi.
Benjamin Fincher Where The River Goes (Autoproduction) Sortie novembre 2009
Il y a des albums de saison comme il y a des fruits de saison. Where the river goes n’aurait pas pu paraître en plein mois de juillet ou alors les saveurs mélodiques n’auraient pas eu le même le goût. Depuis 2006, et avec une régularité d'un métronome, Benjamin Fincher nous fait tous les ans profiter au mois de novembre d’une autoproduction remplie de petites pépites sonores. Deux ans après Ellis Island et un an après l’EP Old Joy (en téléchargement gratuit), voici que Benjamin Fincher sort un album folk aux accents psychédéliques comme lui seul sait le faire. Benjamin Fincher nous livre ici un album boisé et pastoral. On succombe vite à la rivalité, entre l’authenticité de la guitare folk et du violoncelle, et le côté synthétique des claviers et des boites à rythmes qui remplissent les compositions. A chaque écoute de cet album, dont on ne peut que lui reprocher sa courte durée, on découvre des sonorités nouvelles qui ajoutent de la maturité à l’ensemble.
La musique de Benjamin Fincher ne pouvait pas être contenue dans une vulgaire boîte en plastique uniforme et impersonnelle. Comme un bijoux dans son écrin de velour, Where The River Goes mérite ce digipack tout en origami. Et lorsque l’on sait que l’album n’est édité qu’à 300 exemplaires, cela rend encore plus rare et précieuse la musique de Benjamin Fincher.
Cyann and Ben sans Cyann, ça donne Yéti Lane. Première vidéo pour leur premier single, Lonesome George sorti au début du mois d'octobre.