Mt. St. Helens Vietnam Band S/T (Dead Oceans / Differ-Ant) Mars 2009
Il est difficile de se faire une place dans la scène indé américaine surtout lorsque l’on vit à Seattle, ville qui a vu naître Jimi Hendrix et le mouvement grunge. Mt. St. Helens Vietnam Band nait sur les cendres du premier groupe de Benjamin Verdoes. Lors d’une jam session, avec Marshall Verdoes, son frère cadet de 14 ans, ils décident de monter un groupe ensemble. Traci Eggleston-Verdoes, la femme de Benjamin, est responsable “noisemaker”, Jared Price (basse) et Matthew Dammer (multi-instruments) terminent le line-up. Il n’a fallu que quelques mois et de bonnes vidéos postées sur leur page myspace pour qu’ils attirent l’attention du label Dead Oceans. Rien de bien nouveau dans leur musique. Mais il y a quelque chose difficile à décrire qui les rends attachant. Leur musique fait penser à un mélange entre Modest Mouse et les Pixies. Une recette faite de contrastes, alternant rythmes tendus et moments plus calmes à travers des arrangements judicieux qui étonnent l’auditeur. Les deux frères y sont pour beaucoup. Seuls les gimmick de guitare à la sauce glam égrainés par-ci par-là dérangent un peu. Co-produit par Scott Colburn (Arcade Fire, Animal Collective), l’album recèle quelques bons morceaux comme Who’s Asking, Masquerade, Albatross, Albatross, Albatross…
The Curious Mystery Rotting Slowly (K- Reccords / Differ-Ant) Sortie Mai 2009
Le groupe The Curious Mystery porte bien son nom. En effet on ne sait que très peu de choses à leur sujet. On sait que c’est un groupe de Seattle signé sur le label de Calvin Johnson, K Records. Mais vous allez dire :“ Peu importe car ce qui est important c’est la musique”.
Et justement, leur musique, c’est un peu celle qu’il fallait au moment où il le fallait. La dernière fois qu’une telle sensation a été ressenti ce fut lors de la découverte de l’album “Yellow House” de Grizzly Bear. L’album “Rotting Slowly” est envoûtant, limpide dans son écoute. On passe d’un morceau à un autre comme un changement de structure dans une chanson. Le chant est mixte, et pourtant, celle que l’on retient et celle de Shana Cleveland. Une voix nonchalante comme si elle avait déjà vécu une dizaine de vies. Impossible de ne pas penser à Chan Marshall ou à Hope Sandoval. La musique, quant à elle, est fortement ancrée dans un psychédélisme contemporain; de même que dans le garage et le blues. On s’imagine aisément écouter un nouvel album du Jefferson Aiplane de la bonne époque ou d’Electric Prunes. Mais cela est sans doute du à l’auto-harp. L’année se termine et on ne voit pas comment on aurait pu la terminer sans avoir écouté “Rotting Slowly” qui va être certainement la meilleure surprise de l’année.
The Konki Duet Ensemble EP (TEAMS / Les Boutiques Sonores) Sortie Août 2009
Depuis 2004, date de la parution d’Il fait tout gris, on a toujours eu un amour attendrissant pour ce groupe qui respire la simplicité et le plaisir de jouer de belles mélodies sans pour autant tomber dans l’anecdotique. Trois ans après Mountain Mouton, voici que The Konki Duet nous livre Ensemble EP. Les premières secondes d’Ensemble surprennent. On se demande si on ne s'est pas trompé de cd. "Riff" est un instrumental à l’atmosphère oppressante. On était loin d’imaginer ces trois jolies filles jouer ce type de morceau. Mais la surprise est là et c’est une bonne chose. Car Tam, Zoé et Kumi ont décidé de ne plus se laisser enfermer dans un style qu’on leur prête trop facilement. Le titre qui donne son nom à l’EP est caractéristique de se renouveau. On est loin du minimalisme à la Robert Wyatt d’Il fait tout gris. On se rapproche plus de l’univers de Stereolab. D’ailleurs, un morceau s’appelle Stereoland. Est-ce un hasard ?
Ceux qui reprochaient un certain minimalisme et une trop grande facilité dans les compositions des précédents disques peuvent se réjouire, ils en auront pour leurs frais. ""Ensemble" est probablement l’EP d’un nouveau départ pour The Konki Duet.
Anabel's Poppy Day Far From Home (Coco Record / Peel Prod) Sortie 2009
Anabel est une femme née dans les années 80 et, par conséquent, elle à vécu son adolescence dans les années 90. Cela s’entend dans sa musique. Anabel’s Poppy Day c’est un peu comme ci on avait donné aux sœurs Deal des claviers un peu cheapos pour s’amuser en récréation. De la dernière décennie du XXème siècle, elle retient aussi l’esprit lo-fi qui, durant ces années a connu son heure de gloire. Pas moins de 38 morceaux composent l’album qui sont autant de comptines pop naïves et torturées. De quoi rivaliser avec les albums de Sentridoh. La musique va de la pop song classique (Bed can be boat) à la pop bricolée (Call me Chewie). Pas besoin de longs morceaux pour raconter toute une vie. Tout est dit en un peu près deux minutes. L’énergie est là et c’est le principal. Pas étonnant qu’Anabel’s Poppy Day ai attiré l’attention de Deerhoof et fait leur première partie en Angleterre. Leur univers pop décalé est proche. Anabel’s Poppy Day a déjà tout d’une grande. Serait-on en face de la Next Big Thing ?.
Alors
qu’ils ont mis le feu au plateau du Grand Journal, The Dead Weather annonce la
sortie d’un EP composé de cinq nouveaux titres live et de quatre vidéos. Il
s’intitulera Live From Third Man West.
Tracklisting
01 Forever My Queen (Pentagram cover) (audio)
02 Hang You From the Heavens
03 I Cut Like a Buffalo
04 So Far From Your Weapon
05 Treat Me Like Your Mother
06 Hang You From the Heavens (live video)
07 I Cut Like a Buffalo (live video)
08 So Far From Your Weapon (live video)
09 Treat Me Like Your Mother (live video)
Fairguson Tales From The 47 Willows (Coco Record) Sortie Novembre 2009
Voici un groupe qui aurait pu naître à la fin des années 60 et finir comme beaucoup d’autres oubliés dans le panthéon du rock. Mais, c’est bien aujourd’hui que Fairguson joue son folk rock et on ne peut que s’en réjouir. On sent dans la musique de Fairguson, souffler le vent psychédélique de la West Coast, la douceur atmosphérique et la mélancolie de l’été indien. Il y a comme ça des albums qui vous emmènent vers de vastes contrées imaginaires. Tales From The 47 Willows renvoie aux grands espaces de l’americana voyageant entre les Byrds, Grams Parsons et, plus proche de nous, Grandaddy. Autrement dit, une écriture pop bien ciselée hésitant entre le vintage et la modernité. Parfois intimiste et d’une sobre élégance (Leaving the Captain, 47 Willows), Fairguson sait se montrer plus rageur avec Wide Open Spaces qui est, sans conteste, la pépite de l’album. Fairguson possède un univers musical singulier et généreux. Une bulle d’oxygène intemporelle pour finir l’année en beauté.
Action Dead Mouse Revenge of Doormats and Coasters (Greed Recordings / Anticrafts) Sortie Septembre 2009.
Est-ce que le math rock ne serait-il plus ce courant musical méconnu et sous estimé ? Après les frenchy de La Terre Tremble !!!, c’est au tour des italiens d’Action Dead Mouse de donner à ce style ses lettres de noblesse.
Après Pets and Nerds attack Planet Earth (Greed Recordings) sorti en 2007, voici que les Bolonais sortent un nouvel album au nom tout aussi curieux Revenge of Doormats and Coasters. Fidèles à leur son, Action Dead Mouse continue dans leur lancée vers une musique complexe aux sonorités captivantes. Chaque structure de morceau révèle de multiples facettes pleines de surprises. On se demande ce qu’il va se passer à chaque fin de structure. Les boucles de guitares sont hypnotiques. On passe du riff de guitare abrasif et rythmé à une mélodie de grande classe grâce au phrasé de la viole. Les arrangements sont précis et raffinés. Pas besoin de refrain et le chant n’est que secondaire. Ce qui en rajoute sur le fait que leurs morceaux ne sont pas calibrés pour la radio. Action Dead Mouse pousse l’expérimentation sonore à son paroxysme à tel point qu’ils ont incluent des instruments à vent à leurs dernières compositions. Action Dead Mouse est comme un vent chaud qui vient du sud pour réveiller nos oreilles entrées en hibernation hivernale.
Site / Myspace
Ray Bartok No Panic (Autoproduction) Sortie Septembre 2009
Comme son nom ne l’indique pas, Ray Bartok est un duo formé par deux musiciens, JS Brosse (sampler, voix) et Phil Sirop (Morning Star, Sylvain Vanot…) à la batterie. Les parisiens tirent leur nom de la contraction de RAYmond Queneau et Bela BARTOK. Déjà partenaires dans différents projets, ils décident de créer ce duo en 2006 et ce n’est qu’en 2009 qu’ils sortent leur premier EP.
Ray Bartok est, en quelques sortes, un tube digestif qui assimile toutes les musiques qu’on lui aurait données. Une machine qui rassemble des samples en tous genres, des voix, des beat… pour donner une electro foutraque et déjantée. Comme Queneau avec les mots et Bartok avec les notes, Ray Bartok joue avec les sons. Véritable fantaisiste sonore, le duo aime expérimenter les sons qu’il trouve dans des atmosphères punk et new wave de la fin des années 70. ILe groupe va même jusqu’à rendre hommage au compositeur russe Dimitri Chostakovitch et aux orchestres de l’armée rouge dans le titre “Dmitri”. Ce mélange des genres et d’influences permet à la musique de Ray Bartok d’avoir un côté dansant et accrocheur dés les premières secondes de l’ EP tout en gardant un coté arty que l’on retrouve dans la pochette signée du graphiste Frédéric Tacer.
Maintenant que Ray Bartok n’a plus de secret pour vous, êtes-vous Ready ?
Myspace
Beluga’s Hearing Imaginary Landscapes EP (Autoproduction)
Pas la peine d’avoir de grands arrangements et des instruments à n’en plus finir pour écrire de belles chansons. Une guitare folk bien caressée, des harmonies vocales bien dosées et des cordes bien glissées suffisent pour écrire des chansons subtiles et touchantes. Beluga’s Hearing est de ceux qui ont une certaine facilité à composer des mélodies émouvantes avec peu de choses. Il y a quelque chose de Nick Drake et de Sebastien Schuller dans le premier EP du niçois. De la mélancolie surtout. Dans “Beyond”, le violon pleure sa tristesse comme un chant de sirène, alors que, le tintement du xylophone dans "The Story Of The Heartless Mind” résonne et adoucit cette nostalgie latente. On se laisse vite transporter par des émotions délicates. Laissez-vous emporter vers les paysages imaginaires que sont les quatre titres de ce premier essai réussi.